Les parrainages autour de Bahir Dar et Debre Tabor – Février 2019

Les parrainages autour de Bahir Dar et Debre Tabor – Février 2019
Entretien avec une jeune parrainée

Mission de Laure Foucaud.

Comme chaque année, je me suis rendue à Bahir Dar pour rencontrer une partie des 200 bénéficiaires du secteur et échanger les nouvelles transmises par les familles. Notre correspondant local, Fasika, a accepté à partir de juillet 2019 une mission de coordination des étudiants catholiques d’Afrique basée au Kenya ; celui qui prend sa suite, Yonas, a pu assister à l’ensemble des rencontres.

Cette année, sept étudiants ont été admis à entrer à l’université ; 13 y poursuivent leurs études. Les étudiants ne peuvent pas toujours obtenir le site universitaire ni même le sujet de leurs études ! Si certains partent courageusement loin de chez eux, certains renoncent… Parmi les bénéficiaires, beaucoup se dirigent vers la comptabilité ou l’ingénierie ; peu vers les professions de santé (un en étude dentaire – un en étude vétérinaire – un en psychologie – deux « health officer », deux en chimie, une en médecine) ou l’environnement (une étudiante) ou la biologie. Certains progressent réellement et c’est un plaisir de les voir grandir et s’épanouir. Plusieurs parrainés, issus de familles très défavorisées, arrivent à être dans les premiers de leur classe comme Abel et Tewodors Getachew, Rahel Aysheshim, Yaze Mulu, Selamawith Woreta. J’ai eu la joie de constater qu’Etaferaw Gebre (enfant qui avait longtemps été alitée) avait repris depuis deux ans maintenant le chemin de l’école et pouvait se déplacer seule.

Le parrainage est reçu chaque mois sur leur compte bancaire ou celui de leurs parents. Le montant de base (30 euros par mois) est de 800 Birrs. La régularité des versements par virement bancaire offre une sérénité dans le cursus scolaire des jeunes qui remercient de se sentir confiants pour étudier. Dans certaines situations (jeune isolé devant se loger-jeune devant faire face à la maladie-études dans une école ou collège privé) ce montant est insuffisant et il faudrait le multiplier par 1,5, voire 2. En effet par exemple, pour les jeunes séropositifs orphelins que nous avons intégrés au programme il y a deux ans qui doivent se loger (une chambre est au moins à 500 Birrs/mois) et se nourrir (au moins 500 Birrs/mois) ; sans compter les difficultés de santé qu’ils rencontrent parfois. Le montant de leur parrainage a été augmenté à 1200 Birrs mensuel. Une des jeunes de ce groupe Atkilit a récemment trouvé du travail en tant que laborantine après avoir eu son diplôme de niveau IV (bac +2 dans un cursus technique). Pour certains, le parcours est plus chaotique et, devant un jeune orphelin qui trébuche, je suis toujours partante pour redonner une nouvelle chance de formation ou un élan avec un microprojet ou un permis de conduire. Certains de nos bénéficiaires sont bien seuls pour grandir… Pour ceux qui sont diplômés, la recherche du premier travail peut être longue et décourageante. Cependant, un espoir s’ouvre avec la création de 10 grandes zones industrielles dont deux autour d’Addis (déjà en fonctionnement) et huit autres réparties dans tout le pays ; une sera prochainement créé sur Bahir Dar dans le domaine du textile et une autre autour de Bure (nord de Debre Markos) plus dans le domaine de l’agroalimentaire. Deux autres sont déjà en fonctionnement à Awasa et Dire Dawa.

L’association SOLAE basée à Chateauneuf sur Sarthe a, elle aussi, organisée son voyage annuel en Ethiopie. Autour de Raymonde et Gérard Galand, ce sont plus de soixante parrainés d’Addis Abeba et Bahir Dar qui ont été rencontrés et encouragés dans leurs études. Un grand merci.

Laisser un commentaire

Fermer le menu